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Les ravins rhodaniens

Des airs de méditerranée

Du piémont jusqu’au Rhône, de profonds sillons entaillent le paysage. Ces combes escarpées veillent jalousement sur des habitants venus du Sud…

Du nord au sud en quelques pas

De haut en bas et d’un versant à l’autre, les combes ou ravins du Pilat rhodanien résument un voyage en pleine nature qui a de quoi surprendre ! À l’ubac, versant ombragé, les chênes, hêtres, érables, frênes et châtaigniers bruissent du chant des oiseaux. Dans les profondeurs, des ruisseaux d’eau claire, affluents du Rhône s’écoulent en cascades et profitent aux écrevisses et truites fario ainsi qu’à des mammifères habitués des pays chauds : la genette, ou la pachyure étrusque, plus petit mammifère au monde !

Si vous cherchez la chaleur, c’est à l’adret : versant à l’air méridional, grillé par le soleil où le micocoulier, le buis, la lande de genet et de ciste à feuilles de sauge, la joubarbe poussent de rage sur les roches sèches, et parfois même la vigne plantée par l’homme sur ces dénivelés impressionnants.

Depuis les hauts de la Combe de la Valencize qui descend de 1 250 mètres de l’amont vers Pelussin à l’aval à Chavanay ou depuis le point de vue de la Combe de Montelier, on ne peut s’empêcher de rêver aux trésors naturels et aux espèces remarquables cachés dans les entrailles de ses lieux difficiles d’accès : cascades, arbres centenaires, hibous Grand-Ducs, milans noirs ou engoulevents d'Europe : une biodiversité rare sur des territoires aussi restreints ! Fragilisés par les périodes de sécheresses, les vallons et combes du Pilat rhodanien sont désormais classés « Site Natura 2000 » avec l’espoir de préserver leur équilibre et leur biodiversité remarquable.

D’autres ravins, plus accessibles depuis Echalas, Longes, Loire-sur-Rhône ou Condrieu offrent cependant la possibilité de s’immerger en pleine nature, de profiter de ces petits paradis pour les botanistes en herbe, qui y découvriront dès le printemps escargots géants, insectes, papillons et lézards au détour de belles randonnées !

Les gorges de Malleval

Ce nom de « mauvaise vallée » donné à la petite cité médiévale accrochée sur son piton rocheux, pointe le caractère rude des ravins rhodaniens. C’est pourtant cette position stratégique, à l’aplomb des gorges de l’Éparvier et du Batalon, qui permit à cette place forte de contrôler la route qui reliait Lyon au Puy-en-Velay dès le Xème siècle, résister aux assauts des anglais et prospérer jusqu’au XIVème siècle.

Aujourd’hui labellisé « Villages et cités de caractère », ce joyau du patrimoine culturel entouré de nature et de vignobles témoigne encore fièrement de sa résistance : une belle balade à faire avant de s’enfoncer vers les profondeurs d’un ravin à la découverte de la cascade du Saut de Lorette.

Au bonheur des randonneurs et vététistes

Au départ de Condrieu, le sentier d’interprétation de l’Arbuel, annonce une boucle de randonnée balisée et équipée de panneaux d’informations pour une découverte in-situ de la faune et de la flore particulière à ces milieux.

Petits chemins terreux et caillouteux, dénivelés conséquents, autant de conditions faites pour plaire aux amateurs de VTT et tout terrain. La boucle N°8, balisée par les équipes du Parc naturel régional du Pilat, remonte l’un de ces sillons depuis les bords du Rhône à Saint-Pierre-de-Bœuf.